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Le content spinning, technique légitime ou triche ?

La lecture d’un certain nombre d’articles sur le sujet du content spinning m’amène à m’interroger sur l’intérêt et la légitimité à utiliser ces techniques pour la rédaction de contenus web. Je lis de ça et là une forme d’apologie de cette technique, née du besoin de contourner les filtres draconien de Google pour la duplication de contenu.

Le content spinning, c’est quoi ?

Le content spinning est une technique de “rédaction” de contenu web utilisée pour générer, à partir d’un article original, une multitude de contenus qui passeront le “duplicate content“, tout en s’épargnant l’effort, conséquent, de réflexion et de création.

L’idée est la suivante. On découpe l’article original en phrases, puis chaque phrase en “blocs”, chaque bloc étant une expression interchangeable avec une expression synonyme.

Par exemple, prenons la première phrase de cet article.

“La lecture d’un certain nombre d’articles sur le sujet du content spinning m’amène à l’interroger sur l’intérêt et la légitimité à utiliser ces techniques pour la rédaction de contenus web”.

Le découpage en bloc, avec des {}, pourrait donner :

“{La lecture} d’un certain nombre {d’articles} sur {le sujet du content spinning} {m’amène à m’interroger sur} {l’interet} et {la légitimité} à {utiliser} ces {techniques} pour la {rédaction} de {contenus web}”.

Introduisons ensuite des synonymes dans chaque bloc :

“{La lecture | la découverte | la parution} d’un certain nombre {d’articles | de posts | de parution web} sur {le sujet du content spinning | les techniques de content spinning | l’utilisation du content spinning} {m’amène à m’interroger sur | me pousse à réagir quant à} {l’intérêt | l’utilité \| la nécéssité} et {la légitimité | le droit | l’honnèteté} à {utiliser | mettre en oeuvre | pratiquer} ces {techniques | articifices} pour la {rédaction | production | création} de {contenus web | posts | parution web }”.

Enfin, manuellement, par l’ utilisation d’un simple script PHP, ou avec l’aide d’un outil de content spinning, comme “seodevSynonymyser”, vous produisez tout une série de textes, dont vous pouvez ensuite vérifier la similarité avec le contenu initiale ici.

Voici certains de ces résultats :

La lecture  d’un certain nombre  de parution web sur le sujet du content spinning   me pousse à réagir quant à  la nécéssité et la légitimité  à  pratiquer ces techniques  pour la rédaction  de contenu web
***
la parution d’un certain nombre d’articles  sur  l’utilisation du content spinning  me pousse à réagir quant à l’intérêt  et  le droit  à  mettre en oeuvre  ces  articifices pour la rédaction  de  parution web
***
la parution d’un certain nombre  de parution web sur  les techniques de content spinning   me pousse à réagir quant à l’intérêt  et la légitimité  à  mettre en oeuvre  ces  articifices pour la rédaction  de contenu web
***
la parution d’un certain nombre  de posts  sur le sujet du content spinning  m’amène à m’interroger sur  l’intérêt  et la légitimité  à  mettre en oeuvre  ces techniques  pour la rédaction  de posts
***
La lecture  d’un certain nombre  de posts  sur le sujet du content spinning  m’amène à m’interroger sur  l’intérêt  et la légitimité  à utiliser  ces  articifices pour la rédaction  de contenus web
***
la parution d’un certain nombre d’articles  sur le sujet du content spinning  m’amène à m’interroger sur  l’intérêt  et  l’honnèteté à  mettre en oeuvre  ces  articifices pour la rédaction  de posts
***

Imaginez ce que cela peut donner en y passant un peu de temps, avec un peu de pratique et “d’industrialisation”.

Qui utilise le content spinning ?

Ces techniques sont parfois utilisées par des professionnels de la conception-rédaction pour fournir à différents clients des contenus “originaux” (au sens duplicate content du terme) avec un effort moindre, autour du même thème. En effet, si l’on met en regard l’effort à fournir pour un vrai contenu original, la recherche, la part de création et de mise en forme, avec l’effort simplement “technique” pour le content spinning … y’a pas photo. La recherche des éléments du contenu se résume à l’utilisation d’un dictionnaire de synonymes, la création à de la relecture pour vérification.

Une autre utilisation possible, plus discutable car relevant un peu plus des technique de “black SEO”, consiste à ré-écrire X fois un article, ou un long commentaire, que l’on publiera ensuite un peu partout sur la toile avec un lien vers l’article original. L’intérêt, évident, est au niveau du gain en positionnement sur les moteurs de recherches pour une expression clé.

Alors, légitime ou tromperie ?

Pas si simple de répondre à cette question.

Quand on est le créateur de l’article original que l’on revend, il s’agit de fournir à des clients un contenu sur un thème qui soit correct (en terme de rédaction), qui intéresse le lecteur et qui soit accepté “positivement” par les moteurs de recherche. En tant que créateur du premier article et des “content-spin” , on protège son client contre tout plainte en contrefaçon. Si on prend soin de mesurer la similarité, pas de duplicate content. Et enfin, si l’on relit attentivement le texte final pour garantir une certaine qualité, le client y trouve son compte, et l’agence aussi, par une productivité améliorée. Ici, la tromperie est loin d’être évidente, car il s’agit plus d’avoir un modèle que l’on personnalisera de manière unique, au besoin par l’ajout de quelques paragraphes complètement originaux, eux.

Si vous n’êtes pas le créateur du contenu original, la question se pose un peu plus. SI cela n’est pas du vol de contenu, ça y ressemble fortement, avec un peu de travail derrière, de maquillage, qui sera cependant compliqué à détecter, tant par Google que par le créateur du contenu initial. Il s’agit alors plutôt d’une question d’honnêteté si on est un professionnel, et d’une question un peu plus profonde si on fait ça pour soit : pourquoi est ce que je tiens un blog si je n’ai rien à dire, à partager ?

Quand à l’utilisation pour un gain personnel à partir d’un contenu dont on est le créateur, je pense que, comme la plupart des techniques de “black SEO”, le gain sera temporaire et desservira à terme l’auteur. L’utilisation pour poster des commentaires sur la toile pointant vers l’original n’est de toute façon pas différente de l’utilisation d’armée de stagiaires. Enfin, la ré-écriture d’articles entiers que l’on postera à échéance régulière sur son blog pour s’éviter l’effort de création nuira forcément. N’imaginez pas un seul instant que les lecteurs de blog sont des idiots. Quand un restaurant ne propose que du réchauffé, on le voit rapidement et , tout aussi rapidement, on change de crèmerie.

Tout est question d’honnêteté, comme souvent, et là, ce n’est pas un article qui pourrait en parler, mais un roman.

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Discussion

Les commentaires sont fermés pour cet article.

  1. Tout à fait d’accord avec toi, notamment sur la dernière partie. Diffuser un article sous plusieurs formes sur différents domaines peut certes permettre de multiplier les points d’accès, mais c’est également réduire le nombre de liens externes vers un seul et même article.

    Si l’on diffuse soi-même le 1er article et ses “content-spin”, autant utiliser la balise “canonical” sur les autres domaines. Sinon, il est toujours possible de réorganiser intelligemment l’information en essayant d’apporter une valeur ajoutée.

    Comme tu l’as bien dit, les lecteurs de blog se rendent rapidement compte de ce genre de choses, et je pense que ça discrédite davantage le site qu’autre chose.

    Posted by Mouss | avril 21, 2010, 16 h 49 min