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“Ergonomie Web”, d’Amélie Boucher

Etant plus gestion de projet qu’ergonome, mais convaincu de la nécessité de travailler, encore et encore, les fondamentaux, je me suis attaqué au livre « Ergonomie Web, 2em édition », d’Amélie Boucher. Je retrace ici mes impressions suite à la lecture de la première partie.

Amélie Boucher

Amélie Boucher est l’ergonome créatrice du site Ergolab.net, un site proposant diverses ressources concernant l’ergonomie, et l’ergonomie web en particulier : articles, livres, liens, notes, …

La première partie du livre est consacrée à présenter l’ergonomie web, la replacer dans le contexte du projet Web et à tordre le coup a de vieilles idées arrêtées, issues de réflexion fort logique à la base, qui ont dérivées, pour des raisons plutôt fallacieuses, en règles absurdes si on les applique telles qu’elles : il est en effet plus simple de passer pour compétent quand on assène des pseudos vérités avec assurance, alors que si on annonce d’emblé qu’il va falloir réfléchir au contexte pour en sortir quelque chose de correct …

C’est bien connu, un bon professionnel sait, il n’a plus besoin de réfléchir. Un carreleur réfléchit-il quand il pose du carrelage ?

Ben oui, il réfléchit. Mais comme on ne passe pas la journée à le regarder, on ne le voit pas.

La couleur du consensus.

Ce chapitre annonce la couleur, une couleur qui, personnellement, m’est forte agréable : la couleur du consensus.

Quelque soit le projet, qu’il s’agisse de web, d’informatique de gestion, ou quoi que ce soit d’autre, à partir du moment ou votre projet met en œuvre des compétences diverses, à partir du moment ou une équipe doit être en ordre de marche, il y a une notion à bannir des esprits, des conversations, des comités de projet et de pilotage, des réunions de travail : les dogmes.

Il n’y a qu’un seul dogme qui soit, celui du véritable patron du  projet, l’objectif.

Rien d’autre ne peut se prévaloir d’être une vérité. Chaque membre de l’équipe joue de son savoir-faire pour faire avancer le projet sur son champ de compétence. Et, on le sait, certaines d’entres elles ont souvent du mal à se recouvrir.

Un très bon exemple, dans « Ergonomie Web », est celui du designer versus l’ergonome.

Je cite : « Lorsque des designers se sentent bridés, paralysés ou blessés dans leur ego parce qu’ils doivent prendre en compte des recommandations ergonomiques, il n’est pas rare d’entendre de leur part des remarques du types « C’est tout à fait inintéressant de colorier une maquette fonctionnel, bonjour la créativité … ». Or, rien à faire, l’ergonomie et le design, bien que très proche, ne sont pas les mêmes métiers ».

Mais Amélie développe ensuite la relation nécessaire entre ces deux composantes du web, nécessaire car ce n’est qu’au prix d’un véritable travail main dans la main qu’un résultat optimum est atteint.

L’Optimum, l’équilibre.

Voila le véritable enjeu d’un projet : l’optimum.

En dehors d’un cadre unitaire, le maximum est une utopie dangereuse. S’il s’agit lancer un javelot, c’est simple, un acteur, une action, le maximum se comprend. Dès qu’une équipe est en jeu, surtout avec un management fonctionnel, non hiérarchique, le maximum ne doit pas exister, sous peine de déséquilibrer complètement le projet.

Et un projet déséquilibré est un projet qui foire. Un résultat sera atteint, mais certainement pas celui attendu.

Toute la première partie du livre d’Amélie Boucher est un plaidoyer pour l’équilibre et l’application du bon sens. De la bel ouvrage, et une pédagogie qui fait appel à l’intelligence du lecteur : je te donne des méthodes, sert-en intelligemment.

Rejeter tout dogmatisme, se concerter, travailler ensemble pour la réussite de l’objectif, la réussite du projet. Facile à dire, mais qui n’a jamais travaillé avec des personnages obtus, tête de lard et arrogant de leurs certitudes ? Combien de fois ai-je entendu « Y’s’démerde, c’est son problème, moi, c’est comme ça et pas autrement ! ». Et des personnages de cet accabi, après 10 ans de projet, je n’en ai pratiquement jamais rencontré chez mes clients. Alors qu’en interne, …

Cela passe nécessairement par la compréhension des contraintes des uns et des autres. Cela passe nécessairement par la discussion, mais aussi, et c’est là l’objectif du livre d’Amélie, par un minimum de connaissance du métier de l’autre.

« On dit que l’ergonomie est la science du compromis. Elle ne l’est cependant que si elle cherche à obtenir les contraintes de tous les métiers avant de commencer la conception. ».

Cette assertion (page 14) est, pour moi, valable pour l’ensemble des acteurs d’un projet, web ou pas web : sans compromis, sans discussion, sans bon sens, sans remise en cause, point de salut.

C’est certain, je vais lire la suite !

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