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la part du visible dans un projet e-commerce

Dans l’esprit de tout un chacun, quand on pense « e-commerce », on pense d’abord « site », de même que l’on dit d’un commerçant « ça marche bien pour lui, il a une belle boutique ».

Un commerçant « physique » sait vendre son produit dans ses points de vente. Il sait acheter pour son point de vente, approvisionner son point de vente et animer son point de vente, accueillir ses clients, les renseigner, répondre à leur demandes. Donc sur le web, c’est pareil, le commerce, c’est le commerce.

« Tout un chacun » est donc parfois surpris, quand, se lançant dans un projet de vente en ligne prometteur, il tombe sur un professionnel un tant soit peu sérieux qui lui tient un discours différent, expliquant, notamment, que la part du site (le « front office ») n’est certes pas négligeable, mais ne représente au final que 25 à 30 % de l’effort à fournir pour faire du e-commerce.

Que retranscrire son métier actuel, « vendeur physique », sur le Web, « vendeur virtuel », n’est pas aussi simple que de mélanger de la bière et de la limonade pour vendre du panaché (j’aime bien le panaché).

Il arrive souvent que le budget prévu tienne compte d’une répartition erronée, par exemple 75% de front-office, 25% … pour le reste.

Hors, la réalité est tout autre. Prenons deux cas concrets (anonymes mais concrets, c’est promis !).

Une enseigne de distribution spécialisée, distribuant ses produits via un réseau de magasins en propre ou en franchise, possède un site de vente en ligne plutôt moribond.
On décide de remettre ce site au goût du jour, (nouvelle plateforme à la mode, si vous voyez ce que je veux dire,  interfaçage avec la gestion commerciale, …) et de lancer une offensive marketing.

Résultat, en comptant le temps passé en organisation métier et logistique pour suivre la cadence prévue, la répartition de l’effort est :

40 % marketing (dont référencement)

15 % pilotage projet

20 % front (alors même que l’on change la plateforme)

10% interface avec le SI

15% organisation et conseil.

Second exemple, un pur player sur un créneau spécialisé décide de relancer son activité suite à un changement de propriétaire. Le site actuel sera réactualisé, en gardant la même plateforme, la logistique et le service client (appel, envoi de catalogue, …) seront améliorés, une série de campagnes marketing seront lancées.

Résultat, la répartition de l’effort est ici :

7 % sur le front (7 % !!!)

20 % sur le back office

73 % sur le web-marketing

Et de la sueur et de l’auto-conseil pour l’organisation interne.

Certes, nous sommes ici sur deux budgets conséquents. Mais il est important de comprendre que la réflexion doit être la même pour un petit budget.

Si, de prime abord, ma boutique en ligne me coute X, je prévois 2 ou 3X.

3X !!!!!!

Et oui monsieur, 3X.

Et, bien entendu, si c’est une création pure et dure, je construis mon business plan en fonction.

Mon quoi ?

Ok. (Tiens, bon sujet d’article, ça, la construction d’un business plan pour le e-commerce).

Ne pas comprendre ceci, ou l’ignorer volontairement, revient à ne pas provisionner sa TVA ou ses charges sociales : quand ça tombe, ça tombe.

Evidemment, cette répartition « théorique » va changer en fonction des compétences en interne, des moyens de départ, du produit, du marché visé, de la cible client, de la volonté (ou la nécessité) d’aller plus ou moins vite …

Cependant, il y a véritablement un travail d’éducation à faire. Ou plutôt de ré-éducation. Car ne nous a-t-on pas dit pendant des années que « l’internet, c’est trop facile » ?

Se concentrer uniquement sur le visuel, ou la fonctionnalité gadget qui pétillera sur votre site, c’est mettre le radiateur de la salle de bain à fond et ouvrir la fenêtre : on a chaud en entrant dans le bain, on aura froid en sortant du bain.

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