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e-marketing et dérive du web2.0

Poster dans des forums, mettre des commentaires (avec liens vers un site) sur des articles de blogs, poser des liens un peu partout, tout le monde connait ces techniques pratiquées non seulement par les armées de stagiaires des agences de référencement, mais aussi par tout un chacun, finalement, quand il s’agit d’améliorer son positionnement sur les moteurs de recherches. La mise en place de ces backlinks est essentielle.

Parfois, cela va un peu plus loin, voire même un peu trop loin. Le cas de BIXI, le veli’b de Montréal, est un exemple édifiant d’imposture Web 2.0.

Pour la promotion de ce service, les marketeurs en charge du projet n’ont rien trouvé de mieux à faire que de créer un blog, “A vélo citoyens”, blog tout sauf réel, censé apporter le caractère viral et web 2.0 de leur campagne.

Ce faux blog, alimenté par de faux bloggeurs, commenté par de faux commentateurs (commenteurs ?), rapidement découvert par d’autres média on et off line, villipendé par la blogosphère canadienne, est un exemple parfait des capacités d’impostures et de manipulation de la toile. Allez expliquer aux 1300 fans de la page Facebook qu’ils participaient à un effort marketing souterrain.

Les américain appellent cela l’astroturfing. Il s’agit d’une forme de propagande visant à ce ce que un petit nombre de personnes, un pseudo public autonome donnent l’impression d’une adoption “en masse” d’une idée, un service, une cause.

Les medias sociaux (et rappellons ici que le blog reste le roi des médias sociaux), c’est (à priori) l’échange sincère, la pensée non galvaudée, fut elle émise par une société commerciale. Une page fan sur Facebook d’une société, d’un produit, est un lieu de discussion, et le message commercial est accepté, certes sous une forme que l’on attends moins agressive que sur un support marketing plus “classique”.

Patrick Lagacé, sur CyberPresse.ca, a publié le 12 mai dernier un article dont je publie ici un extrait que je trouve particulièrement pertinent, s’agissant de certaines méthodes marketing.

“Eh bien, laissez-moi citer Harry G. Frankfurt, prof de philosophie à l’université Princeton. L’homme a écrit un livre sur - sans blague - la bullshit (1). En entrevue, il a eu ces paroles de sagesse:

«L’augmentation du niveau de bullshit dans la vie contemporaine s’explique par l’intensité du marketing dans la société contemporaine…»

Et qu’est-ce que la bullshit, au fait, professeur ?

«Il s’agit d’un manque de considération pour ce qui est vrai et ce qui est faux.»

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